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David Schmidtz

1955 - Present

David Schmidtz représente une génération ultérieure de philosophes qui ont appris de Nozick sans le figer dans un dogme. Il appartient à cette classe plus restreinte de théoriciens politiques qui considèrent le libertarianisme non pas comme un credo à réciter, mais comme un problème à tester contre la texture des institutions réelles, des incitations réelles et de la faiblesse humaine réelle. En ce sens, son travail sur les institutions, l'ordre du marché et la philosophie politique est moins un écho de Nozick qu'un second examen de la même plaie : combien d'ordre social peut émerger sans conception centralisée, et quels coûts moraux accompagnent cette réponse ?

Psychologiquement, Schmidtz semble animé par une méfiance envers la grande abstraction qui n'est pas du cynisme mais de la prudence. Il n'écrit pas comme quelqu'un qui essaie de gagner une guerre idéologique. Il écrit comme quelqu'un qui a vu à quelle vitesse le langage moral peut devenir un masque pour la coercition, et combien de fois des schémas bien intentionnés échouent parce qu'ils ignorent la connaissance dispersée et l'intérêt personnel ordinaire. Cette suspicion de surconception donne à son travail son aspect noziquien. Comme Nozick, il est attiré par l'explication historique et par le fonctionnement réel des institutions plutôt que par des plans idéalisés. Mais contrairement au tempérament libertarien plus rigide qui s'est parfois attaché au nom de Nozick, Schmidtz s'intéresse moins à la pureté qu'à la performance : que font les institutions, qui aident-elles, qui excluent-elles, et dans quelles conditions deviennent-elles tolérables ou admirables ?

C'est ici que son importance devient plus claire. Schmidtz ne défend pas simplement les marchés ou ne minimise pas l'État. Il essaie d'expliquer pourquoi certains arrangements sociaux méritent légitimité même s'ils sont moralement imparfaits, et pourquoi d'autres échouent malgré un langage de justice. Sa pensée est animée par la conviction que la liberté ne peut pas être évaluée par des slogans seuls. Elle doit être mesurée par rapport au bien-être, à l'équité, aux opportunités, et aux conditions de fond souvent invisibles qui façonnent les "choix" réels et ceux qui ne sont que formels. Cela fait de lui plus un diagnosticien qu'un partisan.

La contradiction au centre de sa posture intellectuelle est qu'il est à la fois sceptique envers la planification morale globale et profondément investi dans l'évaluation morale. Il résiste à l'affirmation que la société peut être conçue d'en haut, pourtant il refuse de laisser les institutions hors de portée simplement parce qu'elles sont spontanées ou décentralisées. Cette tension donne à son travail sa force, mais elle expose également sa vulnérabilité. Un philosophe qui souhaite justifier l'ordre du marché tout en concédant ses dommages doit constamment décider quels dommages sont tolérables, lesquels sont accidentels, et lesquels révèlent une injustice structurelle. Ces jugements ne sont jamais innocents. Ils créent des gagnants et des perdants en théorie avant de le faire en politique.

La conséquence pour les autres est que le style d'argumentation de Schmidtz peut légitimer la réforme sans révolution, et la retenue sans complaisance. C'est précieux, mais cela peut aussi émousser l'urgence de la souffrance en traduisant le conflit moral en nuances institutionnelles. Pour Schmidtz lui-même, le coût peut être une sorte de position médiane permanente : respecté pour son sérieux, jamais pleinement embrassé par des libertariens doctrinaires ou des théoriciens égalitaristes. Pourtant, cette marginalité est aussi son héritage. Il a contribué à porter le défi de Nozick dans un monde plus empirique, moins théâtral, où les questions les plus difficiles ne sont pas de savoir si la société doit être planifiée, mais comment la liberté survit à l'intérieur des arrangements désordonnés que les gens habitent réellement.

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