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CritiqueEpiscopal and university oversightFrance

Étienne Tempier

1220 - 1279

Étienne Tempier n'était pas un philosophe dans le sens habituel du terme, mais il fut l'un des arbitres les plus conséquents de ce que la philosophie était autorisée à devenir dans l'université médiévale. En tant qu'évêque de Paris de 1268 jusqu'à sa mort en 1279, il se tenait à l'intersection de l'autorité ecclésiastique, de l'ambition académique et de la peur doctrinale. Son nom est surtout retenu pour les condamnations de 1277, une intervention radicale contre des propositions associées à la philosophie aristotélicienne et à certaines des interprétations les plus audacieuses avancées à la faculté des arts à Paris.

La signification de Tempier réside moins dans le simple fait qu'il censura des idées que dans la psychologie de l'acte. Il ne réagissait pas à une spéculation abstraite dans le vide. Il réagissait à un monde où des hommes savants parlaient de plus en plus comme si la nécessité philosophique pouvait définir les limites de ce que Dieu pouvait faire. Cela était intolérable pour un évêque chargé de défendre l'orthodoxie. Son raisonnement était ancré dans un instinct théologique : l'omnipotence divine devait rester sans contrainte par un quelconque système de nécessité naturelle, peu importe l'élégance de ce système aux yeux de la raison humaine. La confiance philosophique des écoles devait être tempérée car, de son point de vue, la confiance se transformait trop facilement en captivité.

Pourtant, le rôle public de Tempier en tant que gardien de la doctrine dissimulait une fonction plus profonde et plus complexe. Il n'était pas simplement un censeur brutal avec un goût pour la répression. Il a aidé à préserver un récit spécifiquement chrétien de la possibilité, dans lequel le pouvoir de Dieu dépassait la machinerie conceptuelle héritée d'Aristote. En ce sens, il ne fermait pas simplement des portes intellectuelles ; il forçait les penseurs à reconsidérer si l'univers avait été surdécrit par des catégories empruntées. Son intervention rouvrait la contingence, du moins en principe, et cette réouverture avait des conséquences majeures pour la pensée médiévale ultérieure.

La contradiction dans son héritage est frappante. Aux yeux des modernes, il peut sembler l'emblème de la peur institutionnelle : l'évêque qui trace une ligne, nomme des erreurs et rappelle à l'université que l'enquête a un supérieur. Mais pour de nombreux penseurs médiévaux, cette ligne n'était pas la fin de la pensée ; c'était la correction d'un excès. Les aspects privé et public de Tempier ont peut-être convergé en ceci : il semblait croire que la discipline était une forme de miséricorde intellectuelle, un moyen d'empêcher la recherche de confondre sa propre cohérence avec la vérité.

Le coût, cependant, était réel. Certains érudits virent leurs projets intellectuels délégitimés, leurs arguments qualifiés de dangereux, leur confiance ébranlée. Les condamnations ne se contentèrent pas de faire taire ; elles altérèrent le climat émotionnel de l'enquête, rendant la prudence une habitude et la suspicion un risque professionnel. En même temps, l'héritage même de Tempier se retrouva piégé dans le rôle qu'il avait choisi. Il sécurisa l'orthodoxie, mais il hérita également du fardeau de sembler craindre la raison elle-même.

Dans la longue histoire du scolastique, Tempier révèle une vérité inconfortable : l'université n'a jamais été une république scellée d'idées. Elle était gouvernée par des hommes qui craignaient ce que les idées pouvaient engendrer et qui croyaient que protéger la doctrine pouvait nécessiter de blesser l'ambition intellectuelle. Tempier accomplit ce travail avec force administrative et conviction théologique, laissant derrière lui non pas une philosophie, mais une blessure autour de laquelle la philosophie devait réfléchir.

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