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Back to L'âne de Buridan
OriginaireUniversity of Paris, scholastic AristotelianismFrance

Jean Buridan

1300 - 1361

Buridan se situe à un point où la psychologie médiévale est devenue une théorie exigeante de l'agence. Il est aujourd'hui connu pour l'âne, mais cette célébrité obscurcit l'ambition plus large de son œuvre : expliquer comment une créature rationnelle peut se mouvoir sans réduire la liberté à l'aléatoire ou à la nécessité. Dans le monde parisien des maîtres des arts, il enseignait avec les habitudes d'un logicien et les instincts d'un philosophe naturel, considérant l'âme non pas comme une abstraction pieuse mais comme quelque chose qui pouvait être analysé en termes de pouvoirs, d'inclinations et d'actes.

Son importance réside en partie dans la retenue. Buridan ne cherchait pas à proclamer une doctrine romantique de la volonté illimitée. Il voulait que la causalité et la liberté coexistent. C'est pourquoi le cas de l'équilibre avait tant d'importance. Une théorie qui fonctionne uniquement lorsque l'une des options est manifestement supérieure n'explique pas le choix ; elle ne fait que le reformuler. Buridan a poussé la question dans la zone raréfiée où les raisons sont égales, car c'est seulement là qu'on peut voir si la volonté a une véritable initiative propre.

Son persona intellectuel est d'autant plus intéressant qu'il était un érudit universitaire ancré dans les disciplines du commentaire et de la disputation, et non un visionnaire métaphysique isolé. Il a hérité d'Aristote, débattu avec des théologiens et travaillé au sein d'une tradition qui attendait de la précision plutôt que des slogans. La légende moderne de l'âne, le réduisant à un emblème comique, lui fait injustice ; dans son propre contexte, le problème de l'indécision faisait partie d'une architecture sérieuse de l'âme et de l'action.

Buridan est également important car il a contribué à rendre la philosophie scolastique psychologiquement aiguë. Sa pensée ne se contente pas de demander ce qu'est l'âme ; elle interroge ce que cela fait de délibérer lorsque rien ne tranche la question. Cela confère à son œuvre une étrange modernité. Il ne sonne pas comme un théoricien de l'auto-assistance ou de la personnalité, mais il semble comprendre que l'agence peut être intérieurement divisée, suspendue et opaque.

La contradiction au cœur de son héritage est qu'il est à la fois plus subtil et plus vulnérable que ne le suggère le proverbe. Son système tente de préserver la responsabilité ; son image célèbre semble la menacer. Pourtant, cette menace est ce qui l'a maintenu vivant dans la philosophie. Buridan reste une figure digne d'être lue car il force la question la plus ancienne à revenir sur la table sous sa forme la moins flatteuse : si nous sommes libres, qu'est-ce qui fait exactement bouger la volonté ?

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