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InterprèteTwentieth-Century Philosophy of ReligionUnited Kingdom

John Hick

1922 - 2012

John Hick était l'un des philosophes chrétiens de la religion les plus influents du vingtième siècle, mais son importance ne réside pas seulement dans les arguments qu'il a avancés ; elle réside dans le tempérament que ces arguments révèlent. Il était animé par un sérieux moral obstiné et par un refus d'accepter que la souffrance dans le monde puisse être défendue par des formules abstraites et bien ordonnées. Plutôt que d'essayer de prouver que chaque douleur avait un but bien défini, Hick a ravivé une tradition irénienne plus ancienne et a reformulé le problème : le monde, a-t-il soutenu, n'est pas un paradis achevé mais un terrain d'entraînement pour le développement moral et spirituel. Dans Evil and the God of Love, il a proposé ce qui est devenu la version moderne la plus influente de la théodicée de la formation de l'âme.

La signature psychologique de Hick était l'esprit d'un réformateur. Il voulait un théisme qui puisse survivre au contact de la cruauté, de la maladie, de l'accident et de l'apparente aléatoire de la misère humaine. Ce désir le rendait méfiant à l'égard de tout récit de Dieu qui semblait dépendre d'un cosmos parfait et préarrangé. Sa justification était que la véritable liberté et l'amour mûr ne peuvent pas être fabriqués dans un monde sans douleur. Le caractère doit être forgé sous pression. Selon ce point de vue, la souffrance n'est pas bonne en soi, mais elle peut avoir une signification instrumentale : elle peut aider à produire des personnes capables de chercher librement Dieu et de devenir éthiquement substantielles plutôt que moralement inertes.

C'est pourquoi Hick est important. Il a déplacé le centre de gravité de l'explication vers la formation. La véritable question n'est pas seulement pourquoi le mal existe, mais quel type d'êtres nous devenons en sa présence. Ce mouvement a donné à sa pensée une portée énorme, car il lui a permis de reconnaître l'horreur de la souffrance sans insister pour que chaque instance soit directement justifiée par son résultat immédiat.

Pourtant, la tension morale dans la vision de Hick est sévère, et elle expose quelque chose de difficile dans son caractère en tant que penseur. Il était prêt à accepter une théodicée qui pouvait sembler, pour les victimes, comme un pari intellectualisé sur la douleur. Si la souffrance façonne les âmes, alors certains se demanderont si le monde est devenu une salle de classe excessivement dure. D'autres soulignent que beaucoup de gens ne sont pas spirituellement raffinés par l'angoisse ; ils en sortent endommagés, brisés ou détruits. La défense de Hick dépend d'un horizon eschatologique plus large, dans lequel la vie terrestre n'est pas la mesure finale de la bonté divine. Ce mouvement est philosophiquement élégant, mais il révèle aussi un espoir compensatoire : Hick avait besoin d'un avenir dans lequel le gaspillage apparent de la souffrance pourrait être racheté.

Le coût de cette vision était réel. Aux défenseurs du modèle de la formation de l'âme, Hick a donné un sens à la souffrance sans faire paraître Dieu sadique. Aux critiques, il risquait de parler trop facilement sur les décombres de vies réelles. Les conséquences de son travail étaient donc à double tranchant : il a élargi l'imagination théologique et a fait place à la croissance morale, mais il a aussi contribué à normaliser une façon de penser qui peut sembler expliquer trop de choses à partir d'une distance trop sûre. Son héritage perdure parce qu'il a contraint la théologie à confronter non seulement la logique du mal, mais aussi la formation du soi sous pression, et la possibilité troublante que certains épanouissements humains soient acquis par la douleur.

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