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CritiqueConfucianismChina

Mengzi

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Mengzi, connu en Occident sous le nom de Mencius, est le grand critique confucéen contre lequel l'universalisme moral de Mozi est devenu particulièrement visible. Il a posé une question à la fois psychologique et politique : si la moralité commence par un sentiment humain, peut-elle être aplatie en une impartialité universelle sans perdre la forme même de la vie humaine ? Son défi au mohisme n'est pas que la préoccupation pour autrui soit erronée, mais que cette préoccupation est naturellement différenciée et doit être cultivée à travers des relations appropriées.

Pour Mengzi, la famille n'est pas un obstacle sentimental à la moralité, mais son terrain d'entraînement. De l'attention portée aux parents et aux enfants, on apprend la grammaire de la bienveillance qui s'étend ensuite vers l'extérieur sous une forme graduée. La doctrine de l'égalité de préoccupation de Mozi, vue de cette perspective, ressemble à un déni de la signification morale de l'intimité. Mengzi a donc défendu une structure d'obligation dans laquelle la proximité compte et l'humanité s'approfondit par une extension ordonnée plutôt que par une universalité immédiate.

Ce qui rend Mengzi important dans l'histoire de Mozi, c'est qu'il a affûté les revendications de ce dernier en les opposant à leur point le plus fort. Il ne rejetait pas la préoccupation pour les étrangers ; il soutenait que si l'on ignore les revendications spéciales des proches, on risque finalement de perdre la base émotionnelle de toute préoccupation véritable. La controverse ne porte pas seulement sur l'éthique, mais aussi sur l'anthropologie : les êtres humains sont-ils mieux compris comme des êtres qui aiment d'abord ceux qui leur sont proches et élargissent ensuite leur attention, ou comme des êtres qui doivent être corrigés de leur préférence locale ?

Le style de Mengzi est plus doux que celui de Mozi, mais le désaccord est sévère. Il voyait dans le mohisme une impulsion nivelante qui pourrait devenir aveugle à la texture concrète de la vie morale. Pourtant, sa réponse confirme également l'importance de Mozi. Une philosophie ne suscite pas de réfutation soutenue à moins qu'elle ne menace quelque chose de central. Mozi menaçait le sens confucéen selon lequel les formes héritées incarnent déjà la sagesse morale.

En ce sens, Mengzi a contribué à assurer la survie de Mozi. En faisant de lui le contrepoint d'un récit confucéen plus riche, il a offert aux lecteurs ultérieurs un moyen de voir à la fois l'attrait et le coût de la préoccupation impartiale. Le débat entre eux reste l'un des plus révélateurs de l'éthique chinoise ancienne, car aucune des deux parties n'est frivole ; chacune voit un danger que l'autre risque de manquer.

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