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InterprèteLatin translation cultureScotland

Michael Scot

1175 - 1232

Michael Scot appartient à l'histoire d'Averroès parce que la traduction n'est pas simplement un prélude technique à la philosophie ; c'est la voie par laquelle la philosophie devient historiquement active. En tant que l'une des figures associées à la transmission d'Averroès en latin, il a contribué à transporter un aristotélisme arabe difficile dans un monde européen qui avait commencé à institutionnaliser l'étude dans les universités. Mais réduire Scot à un simple traducteur, c'est manquer la vérité plus instable de sa carrière : il était un homme qui vivait en franchissant des frontières, et qui semblait avoir besoin de ces traversées pour donner cohérence à sa vie.

Il apparaît dans les archives comme un érudit, astrologue, intellectuel de cour et parfois faiseur de merveilles, une figure de prestige savant qui ne s'est jamais vraiment fixé dans un rôle. Cette agitation n'était pas accidentelle. Michael Scot semble avoir compris la connaissance comme pouvoir uniquement lorsqu'elle circulait—à travers des mécènes, des manuscrits, des cours et des langues. La traduction lui conférait un statut parce qu'elle le plaçait à la charnière entre les mondes. Il pouvait se présenter comme indispensable aux princes et aux prélats précisément parce qu'il possédait des textes qu'ils ne pouvaient pas facilement lire et des concepts qu'ils ne pouvaient pas facilement discipliner. En ce sens, son intellect était aussi une forme d'auto-invention. Il ne se contentait pas de préserver le savoir ; il l'utilisait pour fabriquer de l'autorité.

L'importance de ce travail est facile à sous-estimer. La traduction ne se contente pas de déplacer des mots d'une langue à l'autre. Elle change l'échelle de la vie intellectuelle en décidant quelles distinctions survivent et lesquelles s'estompent. Dans le cas d'Averroès, la réception latine dépendait de la possibilité que le commentaire puisse être rendu suffisamment fidèlement pour préserver l'argument, et non seulement le prestige. L'accomplissement de Scot résidait dans le fait de rendre la prose philosophique difficile portable, et la portabilité avait des conséquences. Une fois qu'Averroès est entré en latin, il est entré dans l'argumentation ; une fois qu'il est entré dans l'argumentation, il est entré dans la controverse. Un penseur qui avait été une voix parmi d'autres dans la culture intellectuelle islamique pouvait désormais être considéré comme une autorité décisive—ou dangereuse.

Le rôle de Michael Scot est donc celui de la médiation, mais la médiation est rarement neutre. Il a rendu possible la transformation d'Averroès de juriste-philosophe andalou en autorité latine, et avec cette transformation sont venues à la fois l'admiration et la suspicion. Les commentaires sont devenus des outils dans des débats sur l'intellect, l'éternité et la causalité que leur auteur n'avait pas pleinement prévus. Scot, en effet, a contribué à créer un nouvel Averroès en sélectionnant comment Averroès serait lisible. Ce type de pouvoir entraîne un coût éthique : le traducteur doit simplifier pour communiquer, mais chaque simplification risque de déformer. Rendre un texte utilisable, c'est aussi l'exposer à un usage abusif.

La contradiction au cœur de la vie de Scot est que la traduction peut rendre un penseur plus influent précisément en le rendant moins contrôlable. Le travail de Scot a aidé à lancer une tradition de lecture d'Averroès qui différait souvent de la propre compréhension de soi d'Averroès. C'est le destin de nombreux grands intermédiaires : ils deviennent plus grands que la langue dans laquelle ils ont d'abord parlé, mais ils le font en disparaissant derrière l'autorité qu'ils ont aidé à construire. L'héritage de Michael Scot est donc à double tranchant. Il a élargi l'horizon philosophique de la chrétienté latine, mais il l'a fait en devenant le type d'intermédiaire dont le travail est visible principalement dans ses effets. Le coût a été supporté par les traditions qu'il a reconfigurées, par les lecteurs qui ont hérité d'un Averroès aiguisé mais altéré, et peut-être par Scot lui-même, dont le propre nom survit comme un mélange obscur de savoir, d'ambition et d'énigme.

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