Nathaniel Hawthorne
1804 - 1864
Nathaniel Hawthorne n'a jamais été un transcendantaliste au sens doctrinal, mais il a pu être l'un des examinateurs les plus acérés du mouvement depuis le sein de son propre sol culturel. Il appartenait au même monde de la Nouvelle-Angleterre qui a produit Emerson, Thoreau et le cercle plus large des idéalistes réformateurs, et il observait leur confiance avec un mélange compliqué d'admiration, de suspicion et de reconnaissance blessée. La fiction de Hawthorne se lit comme une autopsie psychologique de l'enthousiasme moral : il dissèque les organes cachés de la réforme, de la conscience, de la vanité et de l'auto-tromperie pour montrer à quel point le désir de bonté peut facilement se transformer en fierté.
Au centre de l'imagination de Hawthorne se trouve un homme qui se méfie de la transparence parce qu'il soupçonne que le soi n'est jamais aussi simple qu'il souhaite le paraître. Il était attiré par la vie intérieure, mais non parce qu'il croyait qu'elle pouvait être nettoyée et rendue lumineuse sans reste. Au contraire, ses romans mettent en scène à plusieurs reprises l'effondrement de l'intention noble sous la pression du secret, de la honte et de la culpabilité non résolue. Dans La Lettre écarlate, la punition publique ne purifie pas la conscience ; elle expose la machinerie sociale par laquelle les communautés projettent le péché à l'extérieur tout en refusant d'examiner leur propre complicité. Dans Le Roman de Blithedale, son expérience avec l'idéalisme réformateur devient amèrement diagnostique : l'aspiration utopique se transforme en laboratoire de déception, de manipulation émotionnelle et de la vanité de ceux qui se croient au-dessus de la corruption ordinaire.
C'est pourquoi Hawthorne est si important pour l'histoire du transcendantalisme. Il n'est pas simplement un ennemi de ses prétentions ; il en est l'auditeur le plus troublant. Il comprenait l'attrait de l'autonomie, de la vérité intérieure et de l'aspiration morale, mais il comprenait aussi à quel point ces idéaux peuvent facilement être utilisés pour justifier l'aveuglement. Son œuvre interroge ce qui se passe lorsqu'une personne confond sincérité et innocence, ou conscience et supériorité. Il a vu que le désir d'être pur peut devenir une forme de vanité morale, et que les communautés de réforme deviennent souvent des théâtres dans lesquels l'ego se déguise en principe.
La propre vie de Hawthorne reflétait cette même tension entre le retrait et l'engagement. Publiquement, il pouvait sembler réservé, voire détaché, un écrivain d'allégories sombres et de paysages moraux ombragés. En privé, cependant, il était profondément attentif aux coûts sociaux et émotionnels du jugement humain. Il ne se contentait pas de condamner les autres ; il sondait les mécanismes de défense par lesquels quiconque, y compris lui-même, évite le fardeau total de la connaissance de soi. Sa fiction suggère un esprit hanté par la possibilité que le soi ne soit pas transparent pour lui-même, et que chaque prétention à la pureté puisse dissimuler une tache non reconnue.
Le coût de cette vision est sévère. Hawthorne abandonne les consolations d'une réforme facile et l'optimisme selon lequel la sincérité intérieure conduit automatiquement à la clarté morale. En échange, il offre une vérité plus dure : les êtres humains sont des créatures divisées, capables d'aspiration généreuse et de profonde auto-justification en même temps. Son héritage est de maintenir le transcendantalisme honnête en le forçant à confronter ses limites tragiques. Si l'intériorité divine existe, Hawthorne avertit, elle n'est jamais à l'abri des distorsions de la fierté, de la peur et de l'illusion.
