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SuccesseurOxford Moral PhilosophyUnited Kingdom

W. D. Ross

1877 - 1971

William David Ross n'était pas un moraliste révolutionnaire tant qu'un comptable scrupuleux de l'obligation, un penseur attiré par l'arithmétique troublante des devoirs concurrents. Né en 1877 et éduqué dans le climat intellectuel de la fin de l'époque victorienne et du début du XXe siècle en Grande-Bretagne, il est devenu l'une des figures centrales de la philosophie morale d'Oxford, servant finalement comme Provost du Oriel College puis comme Vice-Chancelier de l'Université d'Oxford. Cette carrière institutionnelle est importante : Ross n'était pas un polémiste se tenant à l'extérieur de l'académie, mais un gardien de celle-ci, un homme dont l'autorité provenait de la stabilité, de l'érudition et des habitudes de confiance publique. Son tempérament philosophique correspondait à ce rôle. Il se méfiait des grandes simplifications, surtout lorsqu'elles promettaient d'expliquer l'éthique d'un seul coup.

Son livre le plus célèbre, The Right and the Good (1930), est souvent lu comme une correction à Kant. Cela est vrai, mais c'est aussi un autoportrait sous forme philosophique. Ross voulait préserver le sérieux du devoir sans prétendre que le devoir arrive toujours dans des paquets soignés et universellement applicables. D'où son exposé des devoirs prima facie : fidélité, réparation, gratitude, justice, bienfaisance, non-malfaisance et amélioration de soi. Ce ne sont pas des règles interchangeables et pas de simples suggestions ; ce sont des revendications sur soi, chacune capable d'une réelle force morale, chacune pouvant être contournée seulement par la pression d'autres devoirs dans des situations concrètes. L'attrait de ce point de vue réside dans son honnêteté. Ross semble dire que la vie morale n'est pas une machine qui fonctionne sur un seul levier, mais un champ tendu d'obligations où le jugement est inévitable.

Cependant, ce jugement est aussi là où la tension dans la philosophie de Ross apparaît. Il résistait à la confiance nette du calcul utilitaire, mais il ne pouvait pas offrir le confort d'un manuel algorithmique. Il plaçait sa confiance dans le discernement mature, dans la capacité de peser les devoirs sans les réduire à une formule. Cela donnait à son éthique de la flexibilité, mais cela la rendait également dépendante de la compétence morale de la personne qui juge. En d'autres termes, le système de Ross est humain en partie parce qu'il laisse de la place à la conscience—et en partie parce qu'il suppose que la conscience fera son travail.

Le centre psychologique de la pensée de Ross semble avoir été une méfiance envers l'excès. Il semble avoir été allergique par tempérament à l'impérialisme philosophique, ce type de théorie qui prétend régler chaque cas de manière supérieure. Mais sa modération n'était pas simplement de la modestie ; c'était aussi une défense du sérieux. Ross pensait que la moralité méritait mieux qu'une abstraction élégante. Il justifiait son pluralisme en pointant la complexité irréductible de l'obligation vécue, où tenir une promesse, alléger une souffrance, rembourser une dette et dire la vérité peuvent tous compter en même temps. Le coût de ce réalisme était que la vie éthique devenait plus difficile, pas plus facile. Les gens étaient laissés à porter le fardeau du choix sans un principe maître unique pour les absoudre.

L'héritage de Ross est donc à double tranchant. Il a contribué à façonner l'intuitionnisme britannique du XXe siècle et a ensuite renouvelé l'intérêt pour la contrainte déontologique, mais il a également exposé la fragilité de toute éthique qui dépend de la perception disciplinée plutôt que d'une règle formelle. En ce sens, Ross est moins l'opposant de Kant que son héritier tragique : un philosophe qui maintient l'autorité de la loi morale tout en reconnaissant que les êtres humains la rencontrent rarement dans une forme pure et dégagée.

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