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J. J. C. Smart

1920 - 2012

J. J. C. Smart était l'un des défenseurs les plus clairs et les plus intransigeants de l'acte conséquentialisme au XXe siècle, et son importance réside non seulement dans ce qu'il a soutenu, mais aussi dans le tempérament moral qu'il a apporté à l'argument. Il considérait l'éthique comme une discipline qui devait répondre à la réalité, et non au confort hérité. La question qui animait son travail était simple et implacable : si la moralité est censée guider l'action de manière impartiale, pourquoi devrions-nous exonérer les loyautés familières, les prohibitions intuitives ou les scrupules sentimentaux de l'arithmétique des résultats meilleurs et pires ? Dans des essais tels que « An Outline of a System of Utilitarian Ethics » et dans ses écrits philosophiques ultérieurs, Smart a défendu le cas utilitariste avec une sévérité qui était presque clinique. Il ne se contentait pas de défendre les conséquences ; il se méfiait des systèmes moraux qui revendiquaient une autorité sans bénéfice démontrable.

Cette sévérité était à la fois une stratégie intellectuelle et une disposition personnelle. Smart n'était pas le genre de philosophe qui construisait des sanctuaires élaborés pour le sentiment moral. Il préférait des arguments clairs, des distinctions nettes et l'embarras des intuitions chéries. En ce sens, il est devenu une sorte de chirurgien philosophique : excisant les tissus réconfortants du culte des règles et exposant le nerf à vif de la décision. L'attrait psychologique de ce style est facile à voir. Il lui offrait rigueur, cohérence et une échappatoire à la théâtralité morale. Mais cela faisait aussi de lui un témoin moral difficile, car la même clarté qui donnait force à son travail rendait difficile l'adoucissement de la doctrine lorsque ses implications devenaient inconfortables.

Son utilitarisme n'a jamais été simplement académique. Smart a contribué à renouveler la pensée conséquentialiste à une époque où de nombreux philosophes la considéraient comme démodée ou naïve. Il insistait sur le fait que le véritable test de la moralité n'était pas de savoir si une règle semblait noble isolément, mais si la suivre améliorait de manière fiable la vie humaine. En cas d'incertitude, cela signifiait déplacer l'attention des résultats réels vers les résultats attendus : il faut agir sur la meilleure prévision disponible, et non sur le passé. Ce mouvement a donné au conséquentialisme une pertinence pratique, le transformant en un cadre de choix plutôt qu'en un registre rétrospectif de culpabilité.

Pourtant, les mêmes qualités qui ont rendu Smart influent ont également révélé ses tensions internes. Il pouvait être publiquement sévère dans sa doctrine tout en s'appuyant, comme tout le monde, sur les habitudes humaines ordinaires que le conséquentialisme place sous suspicion : loyauté personnelle, irritation, impatience et désir d'avoir raison. Le philosophe qui a réduit la moralité à des conséquences vivait toujours dans le monde désordonné où les gens ne sont pas réductibles à des résultats. Cette tension est centrale à son héritage. Ses arguments exigeaient que l'éthique soit impersonnelle ; sa vie, comme celle de chacun, restait obstinément personnelle.

Le coût de la clarté de Smart était qu'elle laissait peu d'abri à ceux qui voulaient que la moralité protège des limites inviolables. Pour certains lecteurs, il était libérateur : il montrait que l'éthique pouvait être honnête sur les compromis. Pour d'autres, il était perturbant, car son point de vue semblait permettre trop de choses une fois que les conséquences étaient rendues souveraines. En ce sens, le véritable accomplissement de Smart n'était pas de trancher le débat, mais de l'affiner jusqu'à ce que les philosophes ultérieurs doivent y répondre — en affinant le conséquentialisme, en le rejetant ou en expliquant pourquoi les êtres humains résistent à être gouvernés par les résultats seuls.

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